Faire face au stress thermique des bovins avec le réchauffement climatique
Les périodes de canicules sont amenées à se multiplier. D’où l’importance de connaître les signes de stress thermique des bovins viande ainsi que les moyens d’y faire face.
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« En 2022, au Texas, 10 000 bovins sont morts de canicule », relève Patrick Parisot. Ce vétérinaire de la région toulousaine, intervenait lors d’une journée technique organisée le 21 février dernier par la chambre d’agriculture à Pointis-de-Rivière (Haute-Garonne). Le sujet : « Comment limiter l’impact thermique sur le stress des bovins ? », avec en ligne de mire, les pics estivaux de température.
« La vache est peu adaptée au chaud, rappelle le vétérinaire. Sa zone de neutralité thermique — dans laquelle elle peut réguler sa température interne — se situe entre -5 et 20 °C. Pour un veau, c’est entre 5 et 15 °C. » Les femelles sont plus sensibles aux fortes chaleurs, de même que les veaux et les animaux les plus gras.
Quels sont les signes de stress thermique chez le bovin viande ? « Il y a une augmentation de la sudation », indique le vétérinaire. Autre indice : « la fréquence respiratoire atteint 120 à 150 mouvements par minute. » Les bovins qui ont trop chaud bougent moins et restent plus souvent debout, avec parfois, l’apparition de boiteries à la clé. Par ailleurs, les vaches diminuent de 25 % leur ingestion. Elles ruminent moins et boivent davantage.
La fécondité et la fertilité sont également perturbées. « Les effets de la chaleur ont des répercussions sur plusieurs semaines, souligne Patrick Parisot. On observe des avortements jusqu’à 42 jours après le coup de chaud. » Enfin, la canicule entraîne la baisse de production de lait et peut impacter sa qualité.
Des applis pour mesurer le risque
Pour aider les éleveurs à prévenir ces risques, des indicateurs existent. « Ils ne prennent pas uniquement en compte la température. Le stress thermique dépend aussi de la vitesse de l’air et de l’hygrométrie », détaille le vétérinaire. À commencer par l’index température humidité, le THI.
Des applications comme Thermotool ou Miravit Keepcool permettent, en se géolocalisant, de le calculer sur son téléphone portable. Le HLI (Heat Load Index) est un indicateur plus complet, qui « tient compte de la vitesse de l’air ».
Mais un thermomètre globe noir est requis pour le mesurer. Enfin, l’AHL (Accumulated Heat Load) se penche sur la chaleur accumulée. En outre, des sondes peuvent mesurer la température du tympan, du vagin ou du rumen.
Une fois le constat de stress effectué, plusieurs solutions s’offrent aux éleveurs. À commencer par un abreuvement de qualité (lire l’encadré). Il convient de laisser les animaux à l’ombre, tant au pâturage que dans les stabulations.
En bâtiment, « il est important de bien ventiler, souligne Patrick Parisot. Pour régler le flux d’air, les volets ont leur importance. Des ventilateurs peuvent également être installés. Il en faut un pour 10 vaches. » Dans les cas les plus avancés, asperger de l’eau peut être envisagé.
L’alimentation doit aussi évoluer : « il est conseillé d’effectuer la distribution plutôt le soir, avec une teneur en protéine de 14 à 16 %, de limiter les apports d’amidon rapide, d’inclure des levures pour lutter contre l’acidose, d’ajouter jusqu’à 120 grammes de sel par vache et de veiller à la bonne quantité de potassium », énumère le praticien. Autant de conseils pour aussi éviter le stress de l’éleveur !
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